table ronde 07/10/2008

SONY PONTONX. Le Pdg de Sony Europe, assuré du soutien des collectivités, a annoncé une nouvelle analyse financière

Les lignes bougent

nuelli a organisé hier une table ronde qui ressemblait à une dernière chance

Il n'y a rien à attendre. Tout est fait. C'est une réunion de pacotille, du camouflage pour montrer qu'Emmanuelli fait quelque chose. » Régis a posé une journée de RTT, (« c'est peut-être ma dernière ») pour ne pas assister à la table ronde organisée par le Conseil général. Il attend devant la porte le résultat des courses. Avec lui, il y a Antoine. Même motif, même impression. « On nous mène en bateau. »

Derrière la porte pourtant, le président du Conseil général a réuni tous les protagonistes du délicat dossier Sony. Il y a là, outre lui, quatre représentants du personnel, deux conseillers généraux, un conseiller régional, le sous-préfet de Dax, le directeur départemental du travail, le directeur général de Sony France et le directeur du site de Pontonx.

Cela peut paraître curieux mais c'est la première fois que tous ces gens sont réunis ensemble autour d'une table pour discuter et essayer de faire avancer les choses ou plutôt d'empêcher l'inéluctable.

Personnel pas convaincu.

À l'issue de cette discussion, qualifiée de cordiale par les protagonistes, la plupart d'entre eux ont accordé une conférence de presse.

Serge Foucher, le patron de Sony France, peu disert ces derniers mois, était particulièrement attendu. Première information qui est plus une confirmation : « le projet de reprise est caduc, les délais sont dépassés. » Nouveauté : Sony « n'exclut aucune hypothèse » et va « reprendre une analyse économique de l'usine de Dax (de Pontonx en fait, NDLR) » et prendre une décision « le plus rapidement possible ».

Henri Emmanuelli a garanti que conseils général et régional étaient prêts à aider financièrement « pour faire émerger un projet ». « Nous avons donné 1,5 million d'euros pour Capdevielle à Hagetmau et davantage encore pour Alema à Tarnos... »

Ce soutien financier direct et/ou indirect des collectivités territoriales a-t-il fait bouger des lignes figées jusqu'alors ? Les représentants du personnel ne savent pas trop quoi penser.

« Je ne comprends plus trop dans quelle situation on est », a lâché Patrick Hachaguer (CGT). « On abandonne un projet pour passer à un autre sans connaître ce qu'était le premier et sans savoir non plus ce que sera le second. » Une certitude pour lui : « on se place dans une situation où on n'arrivera pas à sauver tout le monde. » Serge Foucher ne dément pas.

Un peu à l'écart, « en position de spectateur », éric Cavel, le directeur de l'usine de Pontonx fait son résumé. « Sony ne donne pas de garanties et les salariés sont rigides. Il faudrait pourtant un élan vers ce projet. »

Quel projet, d'ailleurs ? Pour lui, c'est simple, « il n'y en a pas ». Sauf à recycler le projet de reprise pourtant annoncé comme caduc. « L'avantage de cette réunion, c'est qu'elle a mis de la pression sur les uns et les autres. » Cela suffira-t-il ?

Cet après-midi, leurs représentants informeront le personnel de Sony Pontonx de la teneur des discussions d'hier. Ensuite, il faudra attendre. Au moins jusqu'au 24 octobre où le tribunal de Nanterre rendra son jugement au fond.

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